lundi 7 mars 2016
L'annonce de la mort
Se demander souvent ce qu'est la mémoire. Parler des disparus, en garder mémoire. S'interroger toujours après leur mort de ce qui s'en garde. Parfois les maisons se vident après, sont transformées, vivent de leur nouvelle vie. Ce qui reste fera-t-il toujours mémoire de leurs objets, de leurs espaces, de leurs échanges ? Mais comment savoir ce qui se passait alors vraiment ? Tenir cet entre-deux de la mémoire et des transformations qui suivent. Savoir ce qui des lieux défie le temps.
Retour sur une image à Oudon, 2009
Oudon, Mamiya, argentique 6x6 NB, 2009
samedi 9 janvier 2016
vendredi 25 décembre 2015
Ne pas avoir peur à Noël
Facebook 24 décembre
instants sombres ou réfléchis
Ne pas avoir peur à Noël
Pour certains cette nuit, ce sera ne pas
avoir peur à cause de la naissance rappelée d'un petit d'homme. Ne pas
avoir peur à cause de ce message donné voilà longtemps de quelque chose
qui serait du partage et de l'universel. Cela n'a pas été facile, ni
court. Cela a donné aussi beaucoup d'erreurs et de folies mais quelque
chose de ce qui a été dit brille malgré tout et offre à beaucoup cette
façon de ne pas avoir peur.
Ne pas avoir peur dans cet universel
c'est pour d'autres tout ce qui fait ces valeurs du partage et de
l'universel qui n'aurait pas besoin d'un petit d'homme en repère mais
qu'on aime toujours, de ce grand mot par exemple : internationale. Pour
ceux-là non plus rien n'a été simple ni rapide et bien des erreurs et
beaucoup de folies aussi... Mais pourtant tant de femmes et d'hommes
réunies autour de cette façon de ne pas avoir peur.
Ce ne sont pas
les mêmes choses mais à y bien regarder ce qui se pourrait tramer de
l'universel et du partage parfois s'y rencontre et se croise.
Il y a
plusieurs façons de ne pas avoir peur. Il y a plusieurs facons d'être
ensemble mais différents mais sans peur parce que différents mais sans
peur parce que certains tout de même de se pouvoir réunir mais sans peur
autour de cette certitude que ce soir, de ce côté ci de la terre, tout
le monde commence à fêter les jours qui doucement commencent d'allonger.
Alors ne pas avoir peur.
Ce retour de la lumière est plus qu'un principe et qu'un symbole. Plus
même que ces ces principes et ces symboles qui font et doivent pourtant
faire intangiblement ce qui nous a construit ensemble, cet ensemble là
qui fait corps social, culture, société, république et même parfois ce
soir pour certains religion de lumière. Puisque demain le jour aura
gagné avec certitude de ce côté du monde sur tout, sans que les obscurs
n'y puissent...
Alors pour ne pas avoir peur ce soir, je voudrais
sur mes papiers pouvoir dire ce partage et cet universel, je voudrais
avoir toutes les nationalités qui soient, et ne jamais m'en défaire,
parce je ne veux pas avoir peur demain et les autres jours, jamais peur
Joyeux Noël à tous.
instants sombres ou réfléchis
samedi 5 décembre 2015
Tableaux fantômes (suite). Transposition, proposition : Paysages et animaux
Paysage
et animaux
Jean-Baptiste BARRE, Nantes 1807 -
Rennes 1877
Huile
sur toile, h. 228 mm, l. 308 mm
Cadre
doré
n°
2998
Des animaux divers sont dans une vaste
prairie dont l'herbe est sèche et
courte.
Au premier plan un cheval gris vu par
derrière tond ce qui reste d'herbe pendant qu'un autre à poil bai et vu de
profil se tient devant lui à droite du tableau.
De l'autre côté une vache d'un blanc fauve,
vue de dos, est couchée devant une rousse qui est debout et regarde le
spectateur ; puis entre celle-ci et le cheval gris deux moutons et un agneau
sont également couchés.
Plus loin on voit huit autres vaches
dispersées ainsi qu'une maison à toit rouge entourée d'arbres et, plus loin
encore, un clocher de village et des arbres se détachant sur un ciel à grands
nuages et très bleu en haut.
L'horizon fort bas s'aperçoit entre les
jambes des animaux et les ombres projetées par ceux-ci font deviner que le
soleil est à son déclin.
Signé en noir à gauche et en bas : Barré
1828
Paysage
et animaux, 7/01-13/11
Jean-Louis KEROUANTON, Niort 1961
- Nantes pour l’instant
Photographie,
h. 228 mm, l. 308 mm
[pneumatophores,
cyprès chauves – taxodium distichum, des bords du Havre à Oudon, 2015]
Des
personnages divers sont dans une vaste prairie dont l'herbe est humide et
courte.
Au
premier plan un gris vu par derrière voit ce qui reste d'herbe sous le sang
pendant qu'un autre en noir vu de profil se tient devant lui à droite du
tableau.
De
l'autre côté une femme fauve, vue de dos, est couchée devant une rousse qui est
debout et regarde les victimes ; puis entre celle-ci et le gris deux soldats et
un prisonnier sont également couchés.
Plus
loin on en voit huit autres et plus encore dispersés ainsi que la fin des
champs rougis avant les arbres et, plus loin encore, des arbres se détachant
sur un ciel nuageux et très gris en haut.
L'horizon
bouché s'aperçoit au-delà des fantômes et des ombres. Ce qui s’est projeté fait
deviner que le soleil est à son déclin.
Réponse pour l'exposition Tableaux fantômes, itinérance contemporaine dans le Nord, en souvenir de tableaux disparus de la collection Hans pendant la Première Guerre au musée Benoit-De-Puydt à Bailleul.
Réponse pour l'exposition Tableaux fantômes, itinérance contemporaine dans le Nord, en souvenir de tableaux disparus de la collection Hans pendant la Première Guerre au musée Benoit-De-Puydt à Bailleul.
La photographie fait maintenant partie de la collection permanente du musée.
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vendredi 4 décembre 2015
Tableaux fantômes. Intention, réponse, mise en oeuvre
Réponse photographique à une itinérance contemporaine dans le Nord, en souvenir de tableaux disparus pendant la Première Guerre, à Bailleul.
[en réponse à une invitation ferme et sérieuse, même si la table à Roubaix était belle et joyeuse en ce début septembre. Je récupérais enfin ce soir là mes quatre photographies de la Condition Publique en travaux, exposées à la PPGM l'année dernière]
INTENTION
MARS 1918, les obus anglais pleuvent sur Bailleul. La ville, située à l'arrière
du front d'Ypres, tout juste prise par les Allemands, est anéantie. Parmi les
gravats, ceux du musée Benoît De-Puydt. 80% des collections sont perdues,
détruites ou dispersées. Dès 1919, dans la ville en reconstruction, le musée
reconstitue lentement ses collections.
DANS LES ANNÉES 1990, Laurent Guillot, conservateur de 1989 à 2000, retrouve
des carnets de son confrère, Edouard Zwynghedauw, conservateur jusqu'en 1912 ;
il a méticuleusement décrit les 7500 tableaux de ''son'' musée.
EN 2013, le musée présente 31 tableaux-fantômes du leg Hans dans une
salle du premier étage. Les œuvres de Pharaon Dewinter, Fantin-Latour et autres
ne sont plus que quelques lignes poétiques présentées dans le format de la
toile disparue. Nostalgie !
DE 2014 À 2018, proposition est faite à des artistes d'aujourd'hui de
réinterpréter ces tableaux-fantômes à partir de la description d'Edouard
Zynghedauw. Renaissance !
LUC HOSSEPIED [ la plus
petite galerie au monde (ou presque), Roubaix ]
RÉPONSE
19/092015
[en réponse à une invitation ferme et sérieuse, même si la table à Roubaix était belle et joyeuse en ce début septembre. Je récupérais enfin ce soir là mes quatre photographies de la Condition Publique en travaux, exposées à la PPGM l'année dernière]
Cher Luc
Les quelques jours de réflexion étant passés,
je te prie de recevoir mon acceptation, ou ma candidature comme tu l'entendras,
à ce superbe projet autour des "tableaux fantômes" du Musée
Benoit-De-Puydt de Bailleul. Tu connais le photographe, l'historien aussi,
peut-être un peu moins le joueur de mots et de poésie en vidéo que j'essaie
d'être parfois. Je me dis qu'il y a en effet matière à faire tout cela, sans
encore avoir tout à fait d'idée
définitive bien entendu sur la forme nécessaire.
J'ai trouvé le premier dossier de presse en
ligne, quelques articles, la photo du
mur où sont les légendes de l'inventaire d'Edouard Swynghedauw accrochées aux
cimaises, une vidéo forte et troublante de l'incendie et de la chute...
Il y a beaucoup à penser, à dire et à montrer
de cette tension entre la disparition , les œuvres elles-mêmes, leurs
"fantômes", les différents niveaux de représentation, dont l'histoire-même
a commencé lors de la rédaction scrupuleuse de l'inventaire par un
conservateur talentueux.
C'est en soi déjà un très beau sujet
d'histoire et d'histoire de l'art. Tu as su en voir avec d'autres la force
poétique. Il y a donc beaucoup à penser,
à dire et à montrer de cette possibilité contemporaine d'en faire non seulement
une renaissance mais surtout une projection et du sens.
Je serai vraiment fier de participer à la
prochaine étape si tu (vous) le souhaite(z)
A très vite
Bises
Jean-Louis
MISE EN OEUVRE
Penser la
photographie, aller la faire en n’étant pas encore tout à fait fixé sur le
tableau élu. Pour la première fois, sentir cette série d’images à faire en
fonction d’un cahier des charges qui donnerait à la fois mémoire d’une œuvre et
d’un lieu et projet pour nos jours. Entre les deux la destruction et l’oubli,
la violence et la mort, jusque précisément en nos jours, puis ce qui ne doit
pas être oublié de la culture et de la beauté données tous ces temps.
Chercher un
peu ailleurs, se demander comment faire. Envisager un moment autre chose autour
du texte. Trouver en ligne cette liste officielle des mémoriaux de toutes les
guerres. Se proposer de passer des tableaux fantômes à ce tableau des fantômes.
Puis revenir à l’image seule, pour ce moment-ci. Savoir cependant, parce que moi-même
souvent : cela sera du paysage.
Alors à lire
les notices de Swynghedauw, repérer une lande et puis un autre paysage, d’un
nantais celui-ci. Creuser cette idée commune des ombres et des lumières, des
herbes et du ruisseau, de l’horizon plus ou moins fort, d’un paysage plus ou
moins habité, plus ou moins paisible.
Donc, parce
depuis longtemps arpenté, venir à Oudon aux bords du Havre. Ce lieu dit tout
cela des ombres et des lumières. Penser à ces arbres et à l’étang à côté. Plein
automne, barrières ouvertes, les vaches ne sont plus là. En face un pécheur
avance doucement, quelques poules d’eau, un cormoran qui pèche. S’arrêter au
pourpre des cyprès chauves et voir le tableau, désormais choisi.
Mais si la
mort donnée de quelle paix parle-t-on ?
Le Havre à
Oudon, havre de paix mais où donc ?
Paysages et
animaux
Jean-Louis Kerouanton, 13/11/2015 et tout autour
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