Les Images racontent des histoires. Éléments de séries qui appellent d'autres commentaires, d'autres pistes. Instants parfois anciens, montrés avec du temps, avec l'envie seulement de parler du temps qui passe. Et puis des mots écrits et montrés, des expériences. Le temps, même aujourd'hui, à la seconde, là, il passe quand même, il fait récit. Il n'y a pas de nostalgie possible. Cette curieuse envie d'une urgence à prendre son temps pour, aujourd'hui même, regarder. JLK

INSTANTS REFLECHIS


Feuilleton de ces temps sombres qui courent.
Allers-retours souvent avec Facebook et pas toujours ici d'abord.
Réussir à prendre ce temps,
Et dérouler cela en entier :
24 décembre 2015
16 février 2015

31 janvier 2015
7 janvier 201511 septembre 2014
30 juillet 2014



24 décembre 2015

Facebook 24 décembre
Ne pas avoir peur à Noël

Ne pas avoir peur à Noël
Pour certains cette nuit, ce sera ne pas avoir peur à cause de la naissance rappelée d'un petit d'homme. Ne pas avoir peur à cause de ce message donné voilà longtemps de quelque chose qui serait du partage et de l'universel. Cela n'a pas été facile, ni court. Cela a donné aussi beaucoup d'erreurs et de folies mais quelque chose de ce qui a été dit brille malgré tout et offre à beaucoup cette façon de ne pas avoir peur.
Ne pas avoir peur dans cet universel c'est pour d'autres tout ce qui fait ces valeurs du partage et de l'universel qui n'aurait pas besoin d'un petit d'homme en repère mais qu'on aime toujours, de ce grand mot par exemple : internationale. Pour ceux-là non plus rien n'a été simple ni rapide et bien des erreurs et beaucoup de folies aussi... Mais pourtant tant de femmes et d'hommes réunies autour de cette façon de ne pas avoir peur.
Ce ne sont pas les mêmes choses mais à y bien regarder ce qui se pourrait tramer de l'universel et du partage parfois s'y rencontre et se croise.
Il y a plusieurs façons de ne pas avoir peur. Il y a plusieurs facons d'être ensemble mais différents mais sans peur parce que différents mais sans peur parce que certains tout de même de se pouvoir réunir mais sans peur autour de cette certitude que ce soir, de ce côté ci de la terre, tout le monde commence à fêter les jours qui doucement commencent d'allonger.
Alors ne pas avoir peur.
Ce retour de la lumière est plus qu'un principe et qu'un symbole. Plus même que ces ces principes et ces symboles qui font et doivent pourtant faire intangiblement ce qui nous a construit ensemble, cet ensemble là qui fait corps social, culture, société, république et même parfois ce soir pour certains religion de lumière. Puisque demain le jour aura gagné avec certitude de ce côté du monde sur tout, sans que les obscurs n'y puissent...
Alors pour ne pas avoir peur ce soir, je voudrais sur mes papiers pouvoir dire ce partage et cet universel, je voudrais avoir toutes les nationalités qui soient, et ne jamais m'en défaire, parce je ne veux pas avoir peur demain et les autres jours, jamais peur
Joyeux Noël à tous.

16 février 2015
COPENHAGUE 

Facebook, 16 février
Aujourd'hui est un jour ordinaire. A Copenhague quelques uns d'entre nous ont donc été tués par quelques uns d'entre nous. Parce que si l'on raisonne seulement d'un point de vue objectif, statistique, moyen, que sais-je encore, le nombre de morts données ne sera pas beaucoup modifié par les attentats au Danemark... C'est ordinaire.
Pour beaucoup d'entre nous quand même la mort donnée est insupportable, quelle qu'elle soit, d'où qu'elle vienne. Je n'arrive pas à hiérarchiser les morts données.
Pourtant, malgré tout, celles-ci sans doute me touchent plus encore. À cause du racisme, de la négation de la parole libre, de toute parole libre, de la récurrence aussi en ce début d'année. Ce qui n'est pas si ordinaire.
Un ami me disait ici voilà peu que nous ne pouvions pas être tous les malheurs du monde comme nous avons été Charlie. C'est vrai.
Mais ne pas accepter ces morts données en particulier, ne pas accepter la mort donnée en général, se dire de là où nous sommes que la pensée doit continuer son cours, sans indulgence aucune ni compromission.
Hier j'étais à Nantes à observer "l'irreprésentable" dans une forte exposition au Hangar à Bananes. Jean-Jacques Lebel y propose ce terrible "Labyrinthe" des scènes de tortures américaines en Irak. Photos connues bien sûr, vues et revues avec horreur mais ici dans toute leur violence, à cause de l'échelle, de la proximité dure des tirages autour de soi.
Il s'agit de la même chose.
Nous serons pas toutes les douleurs mais nous le sommes un peu tout de même à chaque fois.
Nous ne serons pas toutes les violences non plus. Peut-être même me répondra-t-on que nous ne le serons jamais ? Sauf que... ces morts données tous les jours, ces quelques secondes d'émotion à chaque info, si courtes ? Et ensuite ? Serions-nous un peu de ces violences là, comme de honteux complices ?
Ne pas se faire jamais à la violence.
Il s'agit de la même chose.
De plus en plus convaincu ce soir que, sans se mortifier pour autant, le réflexe d'extériorisation absolue de ce qui fâche ne va pas.
Ce n'est pas l'islam dit-on. En effet, ce n'est pas TOUT l'islam. Tout comme certains mauvais coups des chrétiens ( et Dieu qu'il y en a eu!) ne sont pas TOUT le christianisme. Tout comme bien des erreurs des républiques ne sont pas LA république.
Au fait elle était quoi l'américaine en Irak ?
Voilà.
Dire "il sagit de la même chose" ce n'est pas tout mettre dans le même sac et s'en défaire facilement.
De belles voix s'élèvent aujourd'hui bien haut pour travailler à l'éclaircissement de l'intérieur même de la religion en islam. Reconnaître que ce chemin là beaucoup, tellement, l'on fait en christianisme. À bien réfléchir se demander si précisément ce dernier chemin n'a pas été possible à cause non seulement de l'exigence de laïcité mais aussi de l'esprit de laïcité qui nous habite ici en Europe depuis si longtemps ? Relire voilà quelques jours le Roman de Renard, version non expurgée, et se dire que laïcité et blasphème font un foutu ménage avec la religion ici depuis bientôt mille ans.
Mais avoir lu voilà quelque temps des poèmes arabes libertins et se dire à peu près la même chose !
Qu'est ce qui a été raté là, ici, ailleurs? Qu'est-ce que nous raterions aujourd'hui à nouveau ?
Ne pas se faire à l'ordinaire jamais.
Ne pas se faire à la mort donnée jamais.
Essayer de sa place à être soi/les-autres... sinon pourquoi "je suis Charlie"?
Essayer de sa place à penser cela, ce soi/les-autres, ce serait sans doute aussi se demander ce qui est sa part de violence.
Essayer cela, de ne pas l'être pour le coup.



31 janvier 2015.
2015
2015
Début de l'année. Penser à une image, un montage spécifique comme tous les ans. Commencer traditionnellement à envoyer ses vœux pour cette année, et puis le 7 janvier tout s'est arrêté. Tout, pendant quelques minutes, quelques heures, quelques jours d'effroi pour nous tous qui assistions aux drames, impuissants mais estomaqués, collés que nous étions aux sources d'informations multiples, malgré pour la plupart les activités qu'il fallait continuer.
Et puis pour une vingtaine d'entre nous tout s'est arrêté pour la vie. Là.

Cet après-midi là et les jours d'après, j'ai pu, j'ai dû, de la simple place où j'étais dire cette continuité nécessaire de la république. Mais la mort quand même. Alors les vœux... Tout s'est arrêté mais juste après quelque chose s'est passé entre nous tous. Des marches, des réunions, des paroles... De si belles choses qui continuent mais aussi de bien moins belles, en ce nom pourtant partagé d'une réaction à la mort donnée à l'aveugle. Et puis ailleurs encore la répétition des horreurs.
Alors je n'ai pas envoyé mes vœux tout de suite, mais la vie reprenant j'en ai reçu en nombre. Aujourd'hui dit-on c'est le dernier jour possible. Affaire un peu idiote qui voudrait qu'on ne puisse les souhaiter toute l'année, ce bonheur et cette santé des amis, des collègues, d'autres encore. Mais d'accord, la vie dans son défilement a ses cycles et ses symboles et cette "période" admise ensemble touche à sa fin.

Alors j'ai repensé à ces vœux de 2012 que j'avais imaginés après un passage à Bordeaux à l'automne. Donc reprendre pour une fois la même image. Se dire aujourd'hui, ce soir, qu'il est toujours temps de recommencer, de se rappeler ce simple et fort message. En le rappelant, se le rappeler à soi-même, toujours.
Ce qui de commun doit être là entre nous : RESPUBLICA


7 janvier 2015
Je suis Charlie 






Ce soir ici, il y avait du monde en silence sur la place.
Tenir, c'est continuer, nos métiers, nos travaux, être en république, tenir la république ensemble. Parce que comme certains que j'ai croisés ce soir l'impression d'être attaqués dans sa propre chair, pas seulement à cause de cette familiarité des lectures plus ou moins anciennes ou nombreuses, parce qu'à midi telle jeune collègue accrochée à son écran s'inquiétait  à distance de ce que lui écrivait en direct une de ses amies de savoir si son père était touché, puis blessé et juste après savoir sa mort, parce que tel ami plus âgé décale un rendez-vous en me disant lui aussi bouleversé dans son appel qu'il connaissait untel depuis si longtemps, sa mort et que forcément à cette heure-ci il sera bien sur la place pour eux tous, alors ensuite le croiser ici, parce que telle amie croisée sur cette place ce soir se demandait après avoir avoué ses pleurs juste à l'annonce de la tuerie s'il ne fallait pas titrer comme eux un hommage du genre "'bal tragique à ...", à cause de cette liberté là, d'un rire soudain partagé pour eux,  parce que les cheveux blonds et les longues jambes traînantes du grand éperdu de Cabu, de son Beauf aussi, tellement connard à l'aimer quand même, parce que telle autre embrassée juste avant me dit tu sais jeune j'étais à Alger il y a vingt ans alors l'impression que ça recommence, que ça revient, ses yeux humides, sa tension retenue à me le dire, mais en même temps à cause encore des rires et de l'ironie magnifique des culs de Wolinski, parce que ce souvenir des rires qui relie, des coups de gueule de Maris si récemment entendu sur les ondes, parce qu'elle autre cette collègue cette amie avait tant de mal à se remettre à notre réunion, sa retenue évidente des larmes, parce que je devinais en elle tout ce que nous pensions tous ensemble mais en même temps ce qu'elle sait si intimement de l'islam en Tunisie et de ce qui en est possible de bon de bien, vraiment,  en ces jours tout de même là-bas justement, parce qu'ayant le privilège de la présider cette réunion, où tous choqués pareils,  j'ai du commencer à 14 heures en nous invitant à faire ce qu'il fallait faire, continuer le travail, parce que cette aventure du projet et de la connaissance dont nous débattions est justement au fond, sans qu'on se le dise sûrement assez, justement pas assez, n'est pas autre chose que la démocratie, parce qu'alors j'ai pu parler tout simplement de la république, parce qu'avec une élue j'ai partagé aussi ce "qu'est-ce qu'il faut faire", parce que nous étions peut-être cent mille ce soir sur les places mais tellement plus dans les cœurs et les têtes à dire et se dire, se penser et  penser et faire toutes ces choses différentes mais égales, parce que nous pensions à eux mais à nous tous aussi, à ce qu'il faut faire ensemble

Nos métiers, nos travaux, être en république, être démocrates.
Tenir, c'est continuer

Nantes, Place Royale, 7 janvier 2015, 19h...

11 septembre 2014
Une maison rouge et transparente, no name
Facebook, 11 septembre 2014 ·




ArchDaily. No Name Shop / Ali Dehghani, Ali Soltani & Atefeh Karbasi
See more at archdai.ly/TLE4my Photo © Farshid Nasrabadi

Je ne sais pas quoi penser de cette image.
Le B.A.Ba de tous mes moments d'observation de la technique c'est d'avoir toujours pensé que la technologie n'a rien à voir avec la modernité sous prétexte qu'elle ne serait qu'elle même avance, mais seule. Demandez à l'EI en Irak ce qu'ils font du numérique tiens. Que le plus bel objet s'il est tout seul, s'il est hors contexte, s'il est sans dialogue, ne peux guère être autre chose qu'un "en soi" qu'un "pour soi" voire qu'un "pour moi", le moi de celui qui le fait, le commande, l'achète ou l'admire. D'ailleurs ici aussi "pour moi" même de la force de cette tache de lumière qui en effet me touche, peut-être même de la qualité de l'accident qu'elle provoque dans cette rue.
Ici donc une belle architecture rouge et transparente mais en même temps la rue justement. La rue à peine en terre avec ses ornières profondes, la pauvreté des maisons qui la longent et ces longues tuniques noires et aveugles des femmes recouvertes qui l'arpentent. La modernité masquée, bafouée, repoussée comme ailleurs et à nouveau ici même plus souvent qu'à notre tour, nous mêmes ébahis du retour même dans nos tours et nos rues qui n'en demandaient pas tant.
Il y donc ici cet objet superbe dont je ne peux dire la raison en cet endroit. Il faudrait savoir le projet, la commande, la question du lien à l'entour. Ce qui en fera quelque chose comme un exemple ou un repoussoir, ou peut être trivialement une de ces provocations de la richesse. Penser en même temps au Corbu et à sa maison du fada quelque part le long de Michelet vers Marseille sud. Ce en quoi elle a choqué et combien elle a été utile bien au delà d'elle-même. Mais ici, qu'est-ce qui se passe vraiment? Plus encore, qu'est-il vraiment possible en ce lieu qu'on devine? Avec sa pauvreté, ses renoncements, ses refus et ses contraintes. Alors quoi le contexte ? Hors contexte?
Est-ce que ce ne serait pas cet accident en lui-même qui ferait contexte?


30 juillet 2014

Je viens tout à l'heure de publier pour le dénoncer après d'autres le lien d'une publicité, semble-t-il, odieuse et sexiste (les deux, n'étant pas semblables, se cumulent) d'une grande marque automobile d'origine française. Pendant ce temps là je lis qu'une journaliste irakienne musulmane modérée vient de porter une croix à la télévision en solidarité avec les chrétiens de Mossoul, qu'elle aurait parlé, semble-t-il, avec grand courage, de ce berceau de la civilisation, de la science et de la culture que pourrait toujours être l'Irak, ce qu'il est depuis le début des temps de l'écriture. Je lis aussi qu'on meurt beaucoup à l'est de la Méditerranée, à nouveau mais encore mais toujours, qu'il y a des horreurs et des plus terribles de chaque côté mais que de chaque côté aussi des voix s'élèvent et des plus belles pour que raison puisse lever, qu'il faut au passage, semble-t-il, s'y connaître en drapeaux pour ne pas tout mélanger, que les excès ici aussi en France semblent aller bien loin, parce que décidément l'excès crée les pires des excès.
Il y a donc ce moment, semble-t-il, toujours aussi puant des récupérations , celles des bassesses politiques et des publicités. Car ces publicitaires eux aussi ont le sens du détail : regardez bien sur quoi la dame à la voiture, celle dont il est question au début, écrit son numéro. En même temps me direz-vous, à ce moment de l'usage, le libelle n'a pas encore d'odeur n'est-ce-pas?
Je reviens de quelques jours à Mallorca.
J'y ai lu le scandale de Pujol en Espagne, où, semble-t-il, nos amis Cahuzac et certains UMP pourraient passer pour des amateurs. Nous avons croisé aussi à Porta Nous la bonne philippine qui s'occupait des enfants des riches; elle était bien discrète, comme il convient. Les riches étaient comme il faut eux aussi.
Heureusement ailleurs, à Pollença par exemple , la fête était belle et simple, tout comme les femmes et les hommes aux frais des rues de Porto Collom, douceur du soir au bord de ces étonnants garages maritimes. Et puis ce magnifique "Netherworld" de Yuko Shiraishi dont je reparlerai.
L'eau y était belle et chaude dans l'île. Et les amis (sans e) étaient tout simplement là aussi. Couple absolument. Je ne sais la religion ni de l'un ni de l'autre. Je sais seulement leur accueil pour Anne et moi.
Je ne sais pas quoi dire ce soir de ce qui est vraisemblable de tout cela. On me dit , semble-t-il, que tout est vrai.
Tout va bien...



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